Lucía portait une robe noire à col haut, recouverte d’une fine dentelle.
Elena savait que sa fille détestait les vêtements serrés autour du cou.
Elle avait donc demandé pourquoi cette robe avait été choisie.
Álvaro avait baissé la voix.
« Si tu la touches, tu le regretteras. »
Elena avait alors sorti son téléphone.
Elle avait appelé Javier.
Et, devant les personnes présentes, elle avait soulevé la dentelle.
Ce qu’elle avait découvert n’était pas une réponse.
C’était une contradiction.
Une contradiction suffisamment importante pour justifier qu’on arrête immédiatement la crémation.
Javier demanda que personne ne déplace le cercueil.
Álvaro protesta.
« Vous n’avez pas le droit de faire ça. »
Javier ne répondit pas à la colère.
Il demanda simplement que le corps reste en place jusqu’à ce qu’un examen formel puisse être effectué.
Elena prit Inès par la main.
La petite fille leva les yeux vers elle.
« Maman. »
Un seul mot.
Mais cette fois, Elena ne chercha pas à l’expliquer.
Elle regarda le col de la robe.
Puis la manche.
Puis Álvaro.
La question avait changé.
Il ne s’agissait plus seulement de savoir si Lucía avait voulu être crématisée.
Il fallait comprendre pourquoi son corps avait été préparé de cette façon.
Et surtout, pourquoi son mari avait tenté d’empêcher sa mère de regarder.
Javier demanda à Elena ce qu’elle avait précisément observé.
Elle lui répondit avec les mots d’une professionnelle habituée à décrire des signes physiques sans tirer de conclusion trop vite.
Elle ne prétendait pas savoir ce qui avait causé les marques.
Elle savait seulement qu’elles ne pouvaient pas être ignorées avant la crémation.
Álvaro insistait toujours.
Il disait que Lucía était morte d’un problème cardiaque.
Il répétait que la famille devait respecter sa volonté.
Mais Elena avait une autre question.
« Où sont les résultats de son dernier contrôle médical ? »
Álvaro ne répondit pas immédiatement.
Cette hésitation fut remarquée par Javier.
« Vous les avez ? » demanda-t-il.
Álvaro finit par dire qu’il faudrait vérifier.
Elena se souvint alors d’une conversation datant de trois semaines.
Lucía lui avait envoyé un message après son contrôle.
Elle avait écrit qu’elle était rassurée.
Rien, dans ce message, ne laissait penser qu’elle se savait gravement malade.
Elena n’avait pas encore montré ce message à Javier.
Elle ne voulait pas multiplier les éléments avant de comprendre lesquels étaient réellement utiles.
Elle lui expliqua simplement qu’un contrôle médical récent existait.
Javier demanda à savoir où se trouvait le dossier.
Álvaro répondit qu’il ne savait pas.
Puis il ajouta que Lucía gardait parfois ses documents dans plusieurs endroits.
Cette réponse semblait banale.
Mais Elena connaissait les habitudes de sa fille.
Lucía avait toujours conservé ses documents importants dans une même pochette.
Elle l’avait même montrée à Elena plusieurs mois auparavant.
Ce n’était pas encore une preuve.
C’était seulement une information de plus.
Et Elena refusait de transformer une succession de soupçons en certitude.
Elle demanda à Javier de vérifier les faits un par un.
D’abord l’organisation de la crémation.
Ensuite les documents médicaux disponibles.